L’article L117-2 et la formation continue des professionnels de l’aide sociale : un enjeu majeur pour les acteurs du secteur

La formation continue des professionnels de l’aide sociale est essentielle pour garantir un accompagnement de qualité aux personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’article L117-2 du code du travail, qui vise à renforcer les compétences des acteurs du secteur et à favoriser leur montée en expertise. Décryptage.

Comprendre l’article L117-2 et ses implications pour les professionnels de l’aide sociale

L’article L117-2 du code du travail stipule que les employeurs doivent assurer le développement des compétences de leurs salariés, notamment par le biais d’une « formation continue, adaptée aux évolutions économiques, technologiques et sociales ». Cette obligation concerne tous les secteurs d’activité, y compris celui de l’aide sociale.

Pour les professionnels exerçant dans ce domaine, la formation continue peut prendre différentes formes : perfectionnement des compétences techniques (par exemple, l’utilisation de logiciels spécifiques ou la maîtrise des dispositifs législatifs), acquisition de nouvelles connaissances théoriques ou pratiques (par exemple, sur les publics en situation de précarité ou les problématiques liées au vieillissement), développement des compétences relationnelles et comportementales (communication, écoute active, gestion du stress), etc.

L’enjeu est donc double : il s’agit à la fois de permettre aux professionnels de l’aide sociale de maintenir et d’améliorer leur employabilité, mais aussi de garantir une prise en charge adaptée et efficace des personnes accompagnées.

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Les dispositifs de formation continue à disposition des professionnels de l’aide sociale

Plusieurs dispositifs existent pour permettre aux professionnels de l’aide sociale de se former tout au long de leur carrière. Parmi eux :

  • Le plan de développement des compétences, qui regroupe l’ensemble des actions de formation mises en place par l’employeur pour ses salariés. Il peut s’agir, par exemple, de formations internes ou externes, d’ateliers pratiques, de conférences, etc.
  • Le compte personnel de formation (CPF), qui permet à chaque salarié d’accumuler des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. Les heures engrangées peuvent ensuite être mobilisées pour suivre une formation éligible, y compris en dehors du temps de travail.
  • Le congé individuel de formation (CIF), qui autorise les salariés souhaitant réaliser un projet professionnel nécessitant une formation longue (par exemple, une reconversion) à s’absenter temporairement de leur poste. Ce congé est encadré par des conditions d’ancienneté et doit faire l’objet d’une demande auprès de l’employeur.
  • Les formations diplômantes ou certifiantes, qui visent à valider des compétences professionnelles à travers l’obtention d’un diplôme, d’un titre ou d’un certificat de qualification professionnelle (CQP).

Il convient de noter que certaines formations sont spécifiquement dédiées aux professionnels de l’aide sociale, tandis que d’autres peuvent être transversales et concerner plusieurs secteurs d’activité (par exemple, les formations en management, en informatique ou en langues étrangères).

Des bénéfices concrets pour les acteurs du secteur de l’aide sociale

La formation continue des professionnels de l’aide sociale présente de nombreux avantages, tant pour les salariés eux-mêmes que pour les employeurs et, in fine, pour les personnes accompagnées.

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Pour les salariés, se former régulièrement permet notamment :

  • De maintenir et d’améliorer leur employabilité, en suivant l’évolution des métiers et des pratiques professionnelles.
  • D’élargir leurs compétences, en acquérant par exemple de nouvelles connaissances ou en développant des aptitudes relationnelles spécifiques.
  • De valoriser leur parcours professionnel, en obtenant un diplôme ou une certification reconnue.

Pour les employeurs, investir dans la formation continue de leurs salariés permet :

  • D’améliorer la qualité des services proposés aux personnes accompagnées, grâce à des professionnels plus compétents et mieux armés face aux situations complexes.
  • De fidéliser et de motiver les salariés, en leur offrant des perspectives d’évolution et de valorisation de leurs compétences.
  • De renforcer l’image et la notoriété de l’organisme ou de l’établissement, en garantissant un niveau de compétence élevé à ses interlocuteurs (partenaires, financeurs, etc.).

En somme, la formation continue des professionnels de l’aide sociale est un levier essentiel pour garantir une prise en charge adaptée et efficace des personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité. L’article L117-2 du code du travail vient ainsi rappeler l’importance de cet enjeu pour les acteurs du secteur, qui doivent œuvrer ensemble pour développer et valoriser les compétences des salariés.

En conclusion, l’article L117-2 du code du travail souligne l’importance de la formation continue pour les professionnels de l’aide sociale. Grâce à différents dispositifs tels que le plan de développement des compétences, le CPF ou le CIF, ces derniers peuvent maintenir et améliorer leur employabilité tout en garantissant un accompagnement adapté aux personnes en situation de précarité. Les employeurs ont également tout intérêt à investir dans la formation continue afin d’améliorer la qualité des services proposés et fidéliser leurs salariés.